les maux de mots

Plus ou moins régulièrement (le rythme était hebdomadaire durant la première année d'existence du site mais est devenu difficile à tenir),  le mot ou l'expression qui interpèle, qui intrigue, qui pose problème.

Quand le doute s'instaure pour des problèmes de sens et/ou d'orthographe, ne lui laissons pas le champ libre.

Une expression originale, une parole étrange : faisons-la connaitre !

Les termes apparaissent dans l'ordre de publication, mais un index alphabétique permet de retrouver plus facilement un mot dans la page.

avis aux amateurs !

J'aurais grand plaisir à vous voir participer activement à cette rubrique et à publier les contributions les plus intéressantes. J'aimerais beaucoup découvrir des expressions utilisées par les francophones.

"habileté" et "habilité"

7 septembre 2009, 111:05

L'habileté, c'est la capacité concrète à faire, réaliser quelque chose : un virtuose du violon démontre une grande habileté dans l'usage de son instrument.

L'habilité, c'est ce qui est potentiel, ce que vous pouvez faire ou ce que vous êtes autorisés à faire : les parlements ont l'habilité à déclarer la guerre. Ce deuxième terme se rencontre souvent dans le domaine du droit.

Source :
le Trésor de la Langue Française Informatisé

"cucul" et "gnangnan"

30 août 2009, 17:00

Les deux sont à l'origine des onomatopées (mot qui évoque le son qui lui est associé).

Un individu cucul (adjectif, prononcé [kyky]) est ridicule, un peu bête et très naïf, bref, il est niais.

S'il est gnangnan, c'est qu'il est lent, sans tonus et qu'il se lamente au plus petit effort. Il est mou. Tout le contraire de dynamique.

Source :
le Trésor de la Langue Française Informatisé

"haut-à-bas" et "haut-à-haut"

24 août 2009, 12:45

N'auriez-vous pas dit que l'un est le contraire de l'autre ? Hé bien, non. C'est sur l'excellent forum ABC qu'a jailli l'idée de cet article (contribution, involontaire cette fois, de M. J.-M. P.).

Commençons avec haut-à-bas (prononcé au tabac) : c'est le porte-balles, un petit vendeur ambulant dont la marchandise était accumulée dans une balle (un sac de toile) qu'il portait sur son dos.

haut-à-haut (prononcé au ta ho) est un des cris d'usage dans les chasses à courre avec au coute ! , har ! , hal ! , holà ! et le célèbre hallali ! .Un veneur (un des responsables de chiens durant la chasse) appelle ainsi son camarade.

Absolument aucun rapport donc.

Sources :

Dictionnaire de l'Académie Française, 6° édition, disponible sur Google Books
Littré en ligne

"itou"

2 février 2009, 5:32

  • c'est décidé, aujourd'hui je ne travaille pas.
  • C'est comme ça ? Alors, moi itou !

C'est simple : itou c'est aussi. Le mot n'est plus beaucoup utilisé, il parait que c'est du langage familier. Mais je trouve qu'il sonne bien, il faudrait le ressusciter quelque peu.

Source :
le Trésor de la Langue Française Informatisé

"zig" et "zigoto"

26 janvier 2009, 5:25

Le zigoto c'est celui que son comportement bizarre et extravagant fait remarquer. Son originalité,parfois involontaire, ne lui sert à rien, personne ne le prend au sérieux, il fait rire.

Zigoto dérive de zig (ou zigue) qui en plus de l'acception précédente a aussi une valeur positive : le zig c'est celui qui aime bien s'amuser, le bon vivant.

Source :. 
le Trésor de la Langue Française Informatisé

"chafouin", "grognon" et "ronchon"

19 janvier 2009, 06:00

Avec chafouin et grognon, nous sommes dans les métaphores animales :
  • grognon du groin, du museau, du nez du porc (du cochon)
  • chafouin, de celui de la fouine
Le premier grogne, comme une personne toujours de mauvaise humeur qui se plaint sans cesse en bougonnant (murmurant entre ses dents) ou en ronchonnant. Grognon ou ronchon, c'est du pareil au même.

La deuxième au museau fin et allongé, à la réputation d'être curieuse, indiscrète tout en étant rusée et sournoise. Un visage chafouin n'inspire donc pas confiance.

Source :
le Trésor de la Langue Française Informatisé

"moult" et "maint"

12 janvier 2009, 6:16

Ils ne sont plus très usités mais ils sont tellement jolis. Moult est synonyme de beaucoup, beaucoup de, voire de très  :
je travaille moult

j'ai moultes choses à faire

je suis moult content


Maint moins souple se contente de remplacer beaucoup et  beaucoup de

j'ai maintes choses à faire

il m'a surprise maintes fois


Et on peut en rajouter,

Maintes et maintes fois, je t'ai dit de te laver les mains avant de passer à table !


Source :
le Trésor de la Langue Française Informatisé

"usage" et "utilisation"

5 janvier 2009, 07:30

d'un sujet "piqué" sur le forum ABC de la langue française et avec l'aimable autorisation de M. J.-M. P. dont j'ai copié sans vergogne l'explication et l'exemple

Un usage concerne quelque chose d'habituel, de constitutif.
L'utilisation se rapporte à un objet.
L'usage est naturel, l'utilisation nécessite un mode d'emploi.

Le bon usage de ses jambes est recommandé pour fuir un danger ; pour le fuir plus vite, l'utilisation d'une bicyclette ne sera pas inutile.

Ajoutons que si  usage peu remplacer utilisation, le contraire n'est pas vrai.

Source: 
forum ABC de la langue française

"territoire" et "terroir"

29 décembre 2008, 7:16

Voilà 2 mots qui ont la même origine mais si territoire a un sens relativement clair : étendue de terre qui présente un ou plusieurs caractères particuliers (population, culture, institution qui exercent son autorité, etc.),

avec terroir les choses se compliquent un peu : si à l'origine il est synonyme de territoire, il a pris à l'époque moderne un sens beaucoup plus précis. Le terroir, c'est l'association d'une région, d'une zone en général rurales avec les traditions (artisanales, culinaires, folkloriques, etc.) qui lui sont propres grâce aux caractéristiques physiques de la zone et/ou grâce aux savoir-faire que la population du lieu a su développer et transmettre.

Ce qui est réalisé dans le cadre du terroir est un produit du terroir. Les nombreux fromages français sont en général des produits français du terroir. Inutile de préciser que sur le territoire français il y a des milliers de terroirs.

Sources :
le Trésor de la Langue Française Informatisé
Wikipedia
planète terroir (voir la définition du mot terroir)

"bavarder", "jacasser", "papoter" et "tchatcher"

15 décembre 2008, 07:53

Si vous aimez - beaucoup - parler de tout et de rien, de choses et d'autres, vous bavardez.

Le (la) bavard(e) parle pour parler, le contenu du discours importe peu, il peut être parfaitement insignifiant et futile : c'est le papotage, vous papotez.

Si le papotage dérange parce que vous parlez trop fort, d'une voix désagréable, on va dire - de manière désobligeante - que vous jacassez comme une pie (cet oiseau noir et blanc qui aime les objets brillants et dont le cri est strident).

Pour terminer, dans le sud-ouest de la France, on dit d'un grand bavard qu'il tchatche. Une tchatche, c'est une dame très volubile, qui parle beaucoup, la tchatche, c'est le bavardage. Le mot est d'origine occitane (les langues parlées dans le sud-ouest de la France qui ont connu leur heure de gloire au XIIe et XIIIe siècle), je suppose que l'italien chiacchierare est apparenté et je serais curieux de savoir ce qu'il en est de l'anglais to chat.
le Trésor de la Langue Française Informatisé
le Petit Robert 

"bouche à oreille" et "on-dit"

8 décembre 2008, 13:55

Le bouche à oreille, c'est une information qui circule oralement, directement d'une personne à l'autre et se diffuse de cette façon.

j'ai su par bouche à oreille qu'ils vont divorcer


Le on-dit c'est la même chose, c'est ce que les gens disent ou racontent. Une nouvelle qui se répand de cette manière est souvent déformée et transformée, le on-dit comporte cette nuance d'incertitude.

Source :
le Trésor de la Langue Française Informatisé

"patatras"

1er décembre 2008, 7:05

Mettez une chaise sur une table (sur le bord), montez sur la table puis sur la chaise pour fixer une lampe à un plafonnier - qui n'est pas exactement sous la table - fixez - en équilibre instable - la lampe : imaginons que vous n'y réussissiez pas, que vous glissiez, tombiez en entrainant dans votre chute la chaise et en faisant peur au chat qui dans sa course renverse le bocal du poisson rouge dont l'eau se répand partout : patatras ! C'est la catastrophe !

Et patatras ! Je suis tombé, je me suis fait très mal, la chaise est partie d'un coté et le chat de l'autre, il y avait de l'eau partout et je ne trouvais plus le poisson rouge !

Donc patatras introduit un évènement - ou une série d'évènements - que l'on aurait préféré ne pas voir se produire.

Il peut également s'agir de quelque chose qui n'est pas une conséquence directe de ce qui est énoncé précédemment mais qui compromet définitivement le but à atteindre.

les paysans avaient fini de semer, le blé commençait à pousser mais, patatras, un gel tardif a éliminé les espoirs de récoltes futures.

Source :
le Trésor de la Langue Française Informatisé

"nec plus ultra", "fin du fin" et "top du top"

24 novembre 2008, 6:40

Le nec plus ultra, c'est le mieux que l'on puisse faire, le summum, ce qui a les meilleures qualités et qui ne peut pas être égalé (qui est inégalable).

Avec le fin du fin, nous avons une expression parfaitement synonyme. Et l'anglais nous à permis d'en fabriquer une autre avec le top du top (le top, c'est le sommet).

Voilà, Rolls-Royce, c'est le fin du fin, le top du top, le nec plus ultra de l'automobile de luxe.

Source :
le Trésor de la Langue Française Informatisé

"flagada", "flapi" et "raplapla"

16 novembre 2008, 20:25

Si je suis complètement sans force, extrêmement fatigué, si je ne suis plus capable de réagir, je suis flagada ou raplapla. Je suis flapi.

Mon train est resté bloqué en pleine campagne pendant 7 heures, je n'avais pas de place assise, je suis rentré chez moi complètement raplapla.

Source :
le Trésor de la Langue Française Informatisé

"différend" et "différent"

10 novembre 2008, 6:35

Si vous n'êtes pas d'accord sur un point avec quelqu'un, vous avez un différend avec cette personne. Vos avis sont différents, vous n'avez pas la même opinion.

Et voilà, c'est simple, différend est un nom (un substantif) et différent, un adjectif. Il n'y a pas si longtemps (XVIIIe, XIXe siècles), ils pouvaient s'écrire tous deux avec un t final. La différence d'écriture a fini par s'imposer.

Source :
le Trésor de la Langue Française Informatisé

"lieu" et "endroit"

3 novembre 2008, 6:49
24 novembre 2008, 6:40 modifié sur la base des informations apportées sur le forum de Franc-Parler par M. Jean-Claude Rolland

Voilà 2 termes apparemment synonymes :

partie ou portion déterminée d'un espace


La différence entre les deux est subtile.

Lieu est plus générique qu'endroit. Il est moins caractérisé, donc plus rarement associé à un adjectif qualificatif servant à décrire mais plutôt à des adjectifs indéfinis ou des adjectifs qualificatifs ne permettant pas de se représenter l'objet décrit qui sont de toute façon en nombre limité.

  • tous ces gens vivent dans ce même lieu depuis des siècles
  • en tout lieu
  • un lieu unique
  • un lieu inconnu
  • un lieu public
  • ils se réunissent en ce lieu

ou alors il est complété par un nom
  • un lieu de passage
  • un lieu de plaisir

Employé seul, il n'est jamais caractérisé par une proposition relative (où j'habite, par lequel je passe, ...)

Endroit autorise toutes les caractérisations :
  • un bel endroit
  • un endroit agréable
  • la place Saint-Jean de Latran est l'endroit de Rome où se trouve l'obélisque la plus grande de la ville.

Source :
forum de Franc Parler (voir vocabulaire, sujet de novembre 2008)

"préjugé" et "préjudice"

27 octobre 2008, 6:55

Voilà deux mots qui peuvent être traduits par le même mot en italien : pregiudizio.

Précisons donc qu'un préjugé est - plus qu'un jugement - une opinion toute faite, préconçue : ce que je pense dépend de l'opinion commune, des apparences.

Le préjugé est aussi bien favorable que défavorable. Dans ce dernier cas, il peut éventuellement porter préjudice, avoir des conséquences négatives pour la personne victime du préjugé.

Plus généralement, le préjudice c'est un tort ou un dommage subi, qu'il y ait ou non préjugé.

Source :
le Trésor de la Langue Française Informatisé

"maboul" et "zinzin"

20 octobre 2008, 5:50

Si vous avez un comportement parfaitement anormal, si vous avez perdu la raison, bref, si vous êtes fou, vous pouvez vous entendre traiter de maboul. Mais il est maboul ce type !! Un maboul fait preuve de désordre mental. Le terme vient de l'arabe.

Si vous êtes zinzin, c'est moins grave, vous n'êtes qu'un peu bizarre. Mais l'adverbe complètement vous condamne : celui qui est complètement zinzin est maboul.

Source :
le Petit Robert
le Trésor de la Langue Française Informatisé

"de bric et de broc"

13 octobre 2008, 06:34

Cet atelier est équipé de bric et de broc : les instruments ou outils sont de provenances diverses, sont dépareillés (ne forment pas un ensemble complet). L'atelier n'est donc probablement pas très fonctionnel.

Quelque chose qui est fait avec les moyens du bord ou des moyens de fortune, avec ce qui tombe sous la main est fait de bric et de broc, au hasard.

Source :
le Petit Robert
le Trésor de la Langue Française Informatisé

"ricrac"

6 octobre 2008, 7:05

Après "micmac" et "fricfrac", ricrac s'imposait.

Dans le langage courant je suis ricrac signifie j'ai à peine les ressources - financières - nécessaires (pour vivre ou pour faire quelque chose de précis). Je ne sais pas si je vais pouvoir te payer, je suis vraiment ricrac.

Au XVIIe  siècle quand l'adverbe semble être apparu, il s'écrivait riqueraque et signifiait ni plus ni moins, exactement. De nos jours, il a le sens de plutôt moins que plus.

Source :
le Trésor de la Langue Française Informatisé

"tintamarre" et "tintouin"

29 septembre 2008, 7:01

Le tintamarre, c'est le fatras et le fouillis (voir l'index) acoustique : un bric-à-brac (voir l'index) sonore, des sons et des bruits qui arrivent d'un peu partout, qui ne vont pas ensemble (qui sont discordants) et dont  le volume est élevé. C'est donc trop fort, trop bruyant, trop faux.

Le tintamarre, c'est donc le vacarme, le ramdam ... ou le tintouin. C'est fatigant.

Dans son sens premier le tintamarre est donc désagréable mais le terme peut aussi être compris comme un  phénomène plaisant (le chant des oiseaux en pleine campagne à 5 heures du matin, l'appel des muezzins pour la première prière dans une métropole musulmane, etc.).

Quant au mot tintouin, synonyme possible de tintamarre et de ramdam (voir l'index), il a aussi le sens de préoccupation, de souci quand il est associé à quelque chose de pénible (souffrance physique, psychologique  ou travail).

Source :
le Trésor de la Langue Française Informatisé

"ramdam" et "rififi"

22 septembre 2008, 6:06

Le ramdam (prononciation [ramdam] c'est à dire ramedame), c'est - un peu comme le tohubohu (cf. l'index alphabétique) - un grand bruit, du vacarme. Et surtout, c'est malvenu, inconvenant et importun.

Par extension, faire du ramdam, c'est faire un scandale.

Le rififi, c'est une dispute, une altercation violente. Une belle bagarre quoi. Donc, quand il y a du rififi, il y a aussi du ramdam.

Source : 
le Trésor de la Langue Française Informatisé

"micmac" et "fricfrac"

15 septembre 2008, 5:50

Voilà 2 mots que seule l'assonance réunit (l'assonance, c'est le fait d'avoir un ou plusieurs sons identiques ou semblables).

Avec micmac nous sommes toujours dans le désordre, le fatras et le fouillis (cf. index alphabétique) : le micmac, c'est un désordre inextricable où on ne retrouve rien ou bien auquel on ne comprend rien.

Micmac avait aussi le sens de manœuvres secrètes et compliquées pour réussir quelque chose.

Le fricfrac, que l'on n'entend plus beaucoup, c'est tout autre chose : si vous entrez sans y être autorisé au domicile de quelqu'un (ou dans un établissement, une banque par exemple) pour prendre quelque chose et si vous forcez l'entrée (ce qui est une effraction), vous commettez un fricfrac. Autrement dit un cambriolage. Vous êtes donc un cambrioleur. Le mot fricfraqueur n'a semble-t-il jamais été utilisé mais je le trouve tellement joli que je ne peux pas m'empêcher de l'écrire, faites-en ce que vous voulez.

Sources :
le Trésor de la Langue Française Informatisé

"entre chien et loup"

8 septembre 2008, 6:57

Se promener, faire quelque chose entre chien et loup, c'est le faire en général juste après le coucher - ou avant le lever - du  soleil dans une lumière incertaine quand justement il n'est pas possible de faire la différence entre un chien et un loup, de distinguer une chose d'une autre.

Donc - le matin - l'heure entre chien et loup précède potron-minet (voir l'expression dans l'index alphabétique).

L'encyclopédie de L'Internaute (voir lien ci-dessous) précise également que le chien serait le symbole du jour et que le loup représenterait la nuit.

Sources :
le Trésor de la Langue Française Informatisé
encyclopédie des expressions (L'Internaute)

"entre le zist et le zest"

1 septembre 2008, 13:56

Le zest (ou zeste), c'est le caractère piquant, curieux, original, vivace d'une situation, d'une personnalité ou de quelque chose.

Si vous êtes entre le zist et le zest, vous ne savez pas ce que vous voulez, vous hésitez sur la décision à prendre. Bref, vous êtes indécis.

L'expression peut aussi signifier : neutre, ni bon ni mauvais, difficile à évaluer.

Source :
le Trésor de la Langue Française Informatisé

"en catimini" et "en tapinois"

25 aout 2008, 7:37

Si vous faites quelque chose très discrètement, en évitant que quelqu'un le sache, donc en cachette : vous le faites en catimini. Il peut aussi y avoir la notion de secret et de mystère.

En tapinois a à peu près la même signification : c'est se  dissimuler pour agir, avec une nuance supplémentaire de malice et de ruse.

Source :
le Trésor de la Langue Française Informatisé

"pêlemêle", "pêlemêler" et "mélimélo"

16 aout 2008, 12:30

Toujours en vrac avec pêlemêle. Après fouillis, fatras et autres ramassis, encore un mot pour évoquer le plus grand désordre et la confusion.

Ce qui est amusant, c'est que le verbe pêlemêler existe. Il est trop beau, sortons-le de nos vieux dictionnaires et utilisons-le : j'ai pêlemêlé toutes mes notes et je ne retrouve plus rien.

Et toujours dans la même famille : le mélimélo est un ensemble confus de choses disparates. C'est le fatras quoi !

Source :
le Trésor de la Langue Française Informatisé

"cahincaha" et "clopin-clopant"

11 aout 2008, 6:13

Faire quelque chose cahincaha, c'est le faire avec difficulté, péniblement. C'est une ancienne expression populaire (on disait aussi cahucaha au XV° siècle), peut-être influencé par le chaos.

Tout aussi joli, clopinclopant évoque la même idée de pénibilité. Vient du verbe clopiner, c'est à dire mal marcher, boiter : faire quelque chose clopinclopant, c'est le faire mal ou dans de mauvaises conditions.

Source : 
le Trésor de la Langue Française Informatisé

"juillettiste" et "aoutien"

28 juillet 2008, 06:00

Deux mots qui datent des années 60 quand les gens prenaient toutes leurs vacances en été : au mois de juillet ou en aout (nouvelle orthographe sans accent circonflexe).

Donc les juillettistes sont ceux qui partent en congés en juillet et les aoutiens, en aout. Et les deux groupes se croisent sur les routes des vacances à la fin-juillet, début-aout.

Le phénomène n'est plus aussi marqué de nos jours, mais les deux mots se rencontrent encore.

Deux remarques pour aoutien :
  1. le terme peut aussi désigner un parisien qui reste dans la capitale en aout
  2. alors que aout se prononce ou ou oute, dans aoutien, tout se prononce : a-ou-cien

Source :
le Petit Robert

"à la queue leu leu" et "en file indienne"

21 juillet 2008, 6:15

Le loup c'est ce mammifère carnivore qui vit en bande, la femelle du loup est la louve : le symbole de Rome qui allaita Rémus et Romulus. La queue c'est l'appendice caudal propre à la plupart des mammifères.

Dans d'anciennes formes régionales du français le loup, c'est le leu. Comme on dit que les loups ont l'habitude de se déplacer en file, les uns derrière les autres, l'expression à la queue leu leu est née. Dans toute file - ou queue - bien organisée chacun attend ou se déplace derrière la personne qui précède.

Hé bien, curieusement, il parait que les indiens d'Amérique se déplaçaient eux aussi à la queue leu leu donc en file indienne (pour imiter les loups ?).  Cette dernière expression daterait du XIXe siècle quand les Amérindiens étaient à  la mode en littérature.

Source :
le Trésor de la Langue Française Informatisé
nombreuses autres sources trouvées en googlant l'expression en file indienne. N'étant pas certain de leur pérennité, je ne mets pas de liens.

"hurluberlu" et "lanturlu"

14 juillet 2008, 6:20

L'hurluberlu - on entend aussi huluberlu - c'est un personnage plus que bizarre : extravagant et irréfléchi, il sème trouble et confusion. Ce serait l'anglais hurly-burly (tumulte, confusion) au XVIe siècle qui aurait inspiré notre hurluberlu.

Un ancien synonyme d'hurluberlu est le sympathique lanturlu  : à l'origine c'était une interjection tirée d'un refrain de théâtre signifiant ça m'intéresse peu ou non, je refuse, d'où le nom de lanturlus donné un peu plus tard à des vignerons de la région de Dijon révoltés contre Louis XIII. Il a pris peu à peu le sens de hurluberlu avant d'être lentement oublié.

Sources :
le Trésor de la Langue Française Informatisé
reverso (basé sur le Littré 1863-1877)

"fouillis" et "bric-à-brac"

7 juillet 2008, 17:32

Encore et toujours du désordre !

Commençons par le bric-à-brac : c'est un ensemble d'objets hétéroclites, dans le plus grand désordre et - comme pour le ramassis (voir ci-dessous l'article du 23 juin 2008) - de peu de valeur.

Le fouillis, c'est à peu près la même chose : la valeur importe moins mais on insiste sur le désordre et la confusion.

Dans un cas comme dans l'autre, il est difficile de retrouver quelque chose !

Source :
le Trésor de la Langue Française Informatisé

"d'ores et déjà" et "dorénavant"

30 juin 2008, 06:30

Ores est un très vieux mot qui nous vient directement du latin - et que l'on retrouve d'ailleurs dans l'italien ora - signifiant à cette heure, présentement, maintenant. Plus personne ne l'utilise mais il nous a légué deux adverbes ou locution adverbiales :
  • dorénavant (anciennement d'ores et en avant) : à partir de maintenant, à l'avenir utilisé pour quelque chose qui commence à partir du moment où la personne qui parle l'énonce. Dorénavant, je ne te parlerai plus.
  • d'ores et déjà est utilisé pour quelque chose qui est déjà commencé au moment où la personne l'énonce. D'ores et déjà, il ne lui parle plus.
Ce qui est introduit par d'ores et déjà précède donc de peu ce qui l'est par dorénavant.

Source :
le Trésor de la Langue Française Informatisé

"fatras" et "ramassis"

23 juin 2008, 6:31

Un ensemble désordonné, d'objets hétéroclites, disparates et incohérentes, c'est un fatras.

Un ramassis est plus ou moins la même chose, on insiste un peu plus sur le peu de valeur de ce qui le constitue. Par contre, des personnes peuvent aussi constituer un ramassis, ce sont en général des gens qui ne sont pas fréquentables.

Source :
le Trésor de la Langue Française Informatisé

"tohubohu"

16 juin 2008, 06:20

Encore un joli mot.

Après en vrac et sens dessus dessous, il fallait bien parler du tohubohu : cela vient de la bible et désigne à l'origine le chaos et l'anarchie originels.

Quand il est utilisé c'est donc pour évoquer un grand désordre, la confusion mais il est aussi associé au bruit, au vacarme, à la cacophonie.

source :
le Trésor de la Langue Française Informatisé

"cocorico", "coquerico" et "coqueriquer"

9 juin 2008, 06:45

Les français sont-ils des coqueriqueurs ? Merci à Franz-Olivier Giesbert qui fait usage du joli verbe coqueriquer dans le sommaire du Point du 29/06/2008 (n° 1863).

"Cocorico", c'est le cri du coq (le mâle de la poule; celle qui produit - ou pond - les œufs), il semble qu'autrefois on disait aussi coquerico. Donc quand le coq chante, il coquerique.

Bien évidemment, le terme a pris un sens figuré. Le coq est aussi le symbole national français, le fameux coq gaulois et tout comme l'animal, les français ont la réputation d'être fiers et vaniteux, de coqueriquer.

source :
le Trésor de la Langue Française Informatisé

"potronminet" et "potronjacquet"

2 juin 2008, 7:05

Je m'active dès potronminet : dès que le soleil se lève, dès l'aube.

Voilà une expression que je trouve très jolie mais que l'on ne rencontre plus que très rarement. La dernière fois que je l'ai lue, c'était dans un éditorial du Point de M. Claude Imbert.

Minet est une appellation familière du chat, le jacquet, c'est un écureuil.

Hé bien à l'origine on disait potronjacquet : le potron c'est l'arrière-train, en un mot le cul, de l'écureuil. Je me lève à peine l'écureuil fait voir son cul, dès potronjacquet. Allez savoir pourquoi, l'écureuil a été remplacé par le chat qui a la réputation d'être matinal (mes cinq minets confirment).

Remarque : l'orthographe traditionnelle est potron-minet, potron-jacquet. Bien que potron ne soit pas une onomatopée, j'applique la règle de suppression du tiret (cf. réforme de l'orthographe) que j'ai appliquée à tous les autres termes de cette rubrique susceptibles de s'écrire avec un tiret. Laisser le tiret me faisait l'effet de générer une exception.

source :
le Trésor de la Langue Française Informatisé

"plan", "plan", "plant" et "planplan"

26 mai 2008, 06:50

Parmi d'autres acceptions du terme, un plan est une surface plate, unie, par exemple la surface d'une feuille de papier. Par extension, un plan est aussi une carte ou une représentation sur une surface plane. Nous arrivons ensuite au plan qui est le projet en vue d'atteindre un but donné.

Aucun rapport avec le plant qui est un jeune arbuste, une jeune plante, qui doit être planté ou qui l'est tout juste. C'est aussi une plantation de végétaux d'une même espèce (un plant de rosiers).

Et finissons avec planplan. Une vie planplan est tranquille, sans surprise. Faire quelque chose planplan, c'est le faire sans se presser ni se stresser (le pian piano italien).

source :
le Petit Robert

"dessin" ou "dessein" ?

19 mai 2008, 06:43

Si je dessine, je représente un objet - d'une manière réaliste ou non - par des moyens graphiques. Je fais un dessin. Par extension le dessin est le projet, l'idée à la base d'une réalisation, il peut également désigner la configuration, l'agencement des parties d'un ensemble.

Le dessein était à l'origine un "dessin" orthographié différemment. C'est au XVIIIe siècle que l'on a profité de cette divergence d'écriture pour attribuer un sens particulier à notre dessein qui désigne un grand projet, un but à atteindre. Au pluriel, les desseins sont, dans un langage recherché, les intentions.

source : 
le Trésor de la Langue Française Informatisé

"sens dessus dessous" ou "sans dessus dessous" ?

12 Mai 2008, 8:08

Le sens c'est la direction, l'orientation. Sens dessus dessous, ce qui était dessus passe dessous et vice-versa : donc se retrouve à l'envers ou renversé. L'expression est aussi devenue synonyme de dans le désordre, en vrac.

Il peut arriver que l'orthographe soit hésitante et nous rencontrons alors sans dessus dessous. Sans est la préposition qui introduit quelque chose ou quelqu'un qui est absent. Pourquoi pas ? Ce qui est  sans dessus dessous, c'est ce qui est informe, sans queue ni tête, incohérent. Une personne est sans dessus dessous quand elle ne sait ni que faire ni où elle en est, quand elle est bouleversée (pour ce dernier mot, le TLF donne seulement sens dessus dessous comme synonyme).

Alors sens ou sans ? Comme il vous parait ! Selon ce qui vous semble le plus logique. De toute façon au XVIe siècle, on pouvait également rencontrer s'en ou c'en.

source : 
le Trésor de la Langue Française Informatisé



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